Manger chinois chez P.M.
Samedi soir dernier, je sors de la projection de Stake Land au festival Fantasia avec mon ami Martin. Et comme les films de vampires, ça creuse, on a vraiment faim! Ça tombe bien, nous sommes justement à deux pas de ce que les étudiants du coin nomment « New Chinatown », une série de restaurants situés sur la rue Sainte-Catherine entre Guy et Dufort. Après être passés devant une échoppe de nouilles et un sushi à volonté, on opte pour le Prêt à manger, mieux connu sous le nom de P.M. par les habitués. Avec ses peintures à la canadienne et son éclairage aux néons, le restaurant ne paye pas de mine, mais j’y mange toujours bien et le service est rapide. Il y a pas mal de monde, surtout des familles asiatiques assises aux tables rondes munies de plateaux rotatifs au centre. La théorie de Martin est que le vrai signe qu’un restaurant chinois est bon et authentique est qu’il accueil des bébés chinois, pas juste leurs parents. Mais ça reste à prouver. J’attends toujours son étude scientifique sur le sujet. Toujours est-il qu’il y en avait trois.
Notre serveur arrive vite et nous passons notre commande : des dumplings dans une sauce à l’arachide, du boeuf à la sauce X.O. et du porc à la vapeur et aux légumes salés. En entendant ce dernier plat, le sympathique jeune serveur fait la grimace. « Vous ne voulez pas ça. Vous n’aimerez pas. » Étonnée, je lui réponds que ça semble très bon et l’interroge sur son commentaire. Est-ce parce que ça n’est que de la tiraille? J’essaye d’être délicate et de ne pas tomber dans le cliché de la Nord Américaine qui a peur de tout plat qui n’est pas 100% viande. Il m’explique qu’il y a beaucoup de gras, peu de viande, que c’est le genre de plat qui ne plaît pas à tous. Mais sur la photo, ça ressemble clairement à du pork belly, alors je lui explique que si c’est identique, c’est certain qu’on va aimer. Il me répond en souriant « Ha ok, alors vous, vous savez manger à la chinoise! » et commence à nous parler de l’origine de la cuisine chinoise, et comment les paysans se sont mis à inventer plein de recettes délicieuses à partir des pièces de viandes que les bourgeois rejetaient. À titre de méga foodies, ça n’est rien de nouveau pour nous, mais c’est sympathique comme échange.
Il quitte notre table va commander notre repas à celui qui semble gérer la cuisine. Je les observe : il le regarde d’un air dubutatif et notre serveur insiste en pointant vers nous. Le cuisiner entre dans la cuisine en hochant la tête, incrédule. C’est plutôt rigolo.
Et ce fut un véritable festin.
Les dumplings étaient super tendres et la sauce riche et onctueuse.
Le boeuf X.O. avait sont habituel kick épicé et nous a donné un bon buzz de glutamate monosodique.
Et le porc fut le clou du repas. Fondant, relevé, tendre et délectable.
C’est toujours un peu étrange de se faire refuser un plat au restaurant. Morale de cette histoire : comme ça n’est pas écrit dans notre visage que peu de choses nous dégoûtent, ça vaut la peine d’insister. Même si le serveur nous prend à première vue pour des touristes bornés !
Prêt à manger (P.M.)
1809, rue Sainte-Catherine ouest
Coût de ce repas : 30,95 $ plus le pourboire







